"A peine eut il fait un pas vers la fenêtre qu'un jeune homme d'une quinzaine d'années bondit sur le seuil, avec toute la vigueur que l'on reconnaît à cet âge. Il semblait soucieux et serein à la fois, signe de l'incompréhension de la jeunesse face aux problèmes des adultes."
Monsieur Elevêque se tourna vers moi et d'un ton sévère reprit:
"Marie qui lisait les émotions d'Alvin comme dans un livre offert, m'a dit tout récemment qu'il lui aurait été impossible de décrire les réactions de son amoureux suicidaire. Il restait immobile, regardant l'enfant s'éloigner vers son arrêt de bus, elle soupçonne encore aujourd'hui qu'un pareil évènement avait déjà blessé son coeur et ses souvenirs. Mais enfin, nous ne serons jamais le fin mot de cette histoire. Toujours est il qu'Alvin, sans même réfléchir poussa la porte entrebâillée et entra sans un mot dans cette maison. Il se dirigea dans la cuisine et s'assit à côté de la femme qui ne fut pas troublé un seul instant par cette présence étrangère. Marie ne sait rien de plus, elle n'osa jamais entrer dans cette maison et resta longtemps sagement assise sur une de ces affreuses bites qui ornent les routes indiquant avec horreur les passages cloutés. Elle se souvient seulement d’avoir vu Alvin jeter une lettre par la fenêtre et de la femme qui sortait avec précipitation pour la ramasser et la serrer contre son cœur. Alvin revint à Marie, la femme revint à sa chaise, tout redevint normal. Alors qu’il se posait accroupi auprès de sa conquête, une larme se dessina au coin de son œil. Alvin semblait perdu et fatigué comme il ne l’avait jamais été, buvant presque tous les maux du monde pour s’anéantir et ressentir la vie encore plus fort. Le temps d'une illusion, il se releva d’un bond, prit Marie par la main et les deux reprirent leur route. »
Vous comprenez vous ce qui peut passer dans la tête de cet homme là. Moi, je ne comprends plus. Ne croyez pas que je sois un mauvais homme sans conscience, même après quelques verres et qui reste sur son ignorance. Je me suis permis d’aller toquer à la porte de cette femme, juste après ces événements et c’est cet enfant qui m’a ouvert, avec son sourire niais d'adolescent. Il m’a semblé fort malin pour son âge mais lorsque j’ai demandé à voir sa mère, il m’a simplement dit qu’il avait bien fait ses devoirs, que tout était rangé pour qu’il puisse accueillir Natasha et que je ne devais pas entrer sous risque d’abîmer le parquet. Je me suis senti si bête que je suis parti en m’excusant. Mais pour en revenir à Alvin et Marie, c’est l’étape suivant qui fut le sommet de l’étrange et de la bizarrerie. Je vous l’ai dit que vous n’alliez pas vous ennuyer. Même si je n’ai pas de grands talents de conteurs, on s’y accroche vite à cette histoire. Les deux continuaient leur chemin main dans la main, il était midi passé très largement selon Marie. Quand un hurlement attira leur attention. Un homme arrivait en courant au milieu de la route avec son pyjama trop usé pour en deviner la couleur, et en criant : A l’aide ma femme accouche. A l’aide ! Je n’ai pas à vous dire que l’âme chevaleresque de notre héros l’a poussé à venir en aide à ce pauvre mais heureux homme.
ACTE III
C’est en arrivant dans la cuisine meublée que la folie commença. La femme lançait tout ce qui pouvait lui tomber sous les mains, un véritable tsunami de porcelaine de Limoges vint s’écraser sur la porte à quelques centimètres à peine de Marie effarée. L’homme n’en pouvait plus d’insulter sa femme qui cassait tous les services aux armoiries de la famille oubliant presque que la pauvrette se tordait de douleur sur la table. Alvin remarqua quasi immédiatement le ventre anormalement gonflé mais il n'y prêta pas plus d'attention et s'exclama:
« Madame, il vous faut rester calme, je n’ai aucune base médicale mais ma copine est boulangère et c’est un bon point en notre faveur. N’oubliez pas que nous sommes ici pour votre bien et que votre emportement ne fait qu’aggraver l’état d’insalubrité de votre carrelage. Notez également que si je dois être l’accoucheur, il serait agréable pour vous et pour moi, que je puisse m’approcher de la zone ouverte, enfin vous m’avez compris. Marie attrape de l’eau chaude et des serviettes. Monsieur faites moi rougir un couteau que vous aurez préalablement nettoyé avec un alcool à 90°C. Je ne puis être à la tâche et aux tâches alors dégagez moi cette table pendant que je me désinfecte les mains. Madame, si vous aviez du choisir le jour de la naissance, vous n’auriez pas pu mieux tomber. Nous allons donner la vie, j’en suis tout retourné. »
Le mari s’affairait, Marie s’affairait aussi, toute la maison était active. Tout était prêt. Dans un moment de lucidité malsaine Alvin prît le temps de regarder à l’intérieur. D’une discussion qu’il avait eut avec Marie, elle m’apprît qu’Alvin rêvait à découvrir l’état de l’enfant juste avant sa sortie. Il s’imaginait très relax, jouant avec les tubes, il voyait les mathématiciens comme des fous qui se cassaient la tête à démêler les intestins, les futurs militaires très propres sur eux… Voyez bien la situation, la femme allongée, si surprise se retint de brailler pendant plus d’une minute, regardant Alvin scruter son vagin et son utérus. Et c’est alors que le bébé sortit sa tête et déclara dans un français digne des plus beaux textes baudelairiens : « Je ne sortirai pas tant que cette folle n’aura pas repeint la chambre où je dois dormir en bleu. Je suis un garçon, cela fait déjà plus de quatre mois qu’ils le savent, alors pourquoi tout peindre en rose. Il me prenne pour qui. Et n’essayez pas de me faire sortir de force ou je la mange de l’intérieur. »
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4 commentaires:
je me demande jusqu'ou je vais aller dans la connerie. J'ai fait lire le texte à Lydie, elle avait branché la webcam et je regardais attentivement toute ses réactions, il n'y en a eu aucune.
Moralité, ce que l'on croit transmettre n'est que pure vision de l'âme. On en transmet rien. Je vais me pendre.
la femme et le gosse ne sont là que pour deux raison, la première est d faire un petit cross blog avec "Luc Damon" et la deuxième, tenter de frustrer le lecteur en le rendant témoin d'une scène dont il ne saura rien. voili voilo.
Sinon, j'avais déjà commencé le suréaliste avec la belle mere qui ne meurt pas d'une chute du 5ème, maintenant, on va rentrer en plein dedans. Mais patience car tout s'explique.
Quand tout à coup, cette vaste histoire me rappelle quelque chose, MAIS OUI !
Nous en avions parlé dans le TGV revenant de Paris !
Dans ce cas je connais la fin, héhé !
Moi il m'est avis que M Elevêque devrait arrêter de boire des apéros pendant qu'il raconte...
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