vendredi 20 mai 2005

Ce que nous commençons doit finir 6

"Ne trouves tu pas que c'est un beau jour pour s'en aller."
Marie restait songeuse à ces mots et tira sur la chemise d'Alvin qui s'arrêta et se tourna vers elle. A peine eut il fait un pas en avant, que leurs corps se retrouvaient l'un contre l'autre, Marie regardait fixement celui qu'elle couvait des yeux depuis des mois à chacune de ses visites, derrière son comptoir et qui était enfin à elle. L'idée même de le perdre aussi vite la terrifiait. Une larme cristalline glissa le long de sa joue. Alvin vint l'essuyer du bout des doigts, qu'il glissa ensuite dans son cou. Ces instants là restent comme des photographies dans nos mémoires, des instants de bonheur partagés intemporel et inoubliable."

Lucien Elevêque finissait à peine sa phrase, que je repensais au visage de la boulangère lorsque j'étais passé la voir. Quand on connaît les évènements, on se dit souvent que c'était évident. En voyant les yeux pétillants de vie et de tristesse de Marie, j'aurai du me persuader, ne pas douter. J'étais resté avec une vague hypothèse que cette simple boulangère avait peut être désiré Alvin. Je suis resté sourd à ses appels. J'aurai du voir que son émotion cachait sans doute une réelle envie de me parler, de me crier tout ce qu'elle garde sur le coeur depuis ce jour.C'est dans des cas comme celui ci qu'on sent monter la honte, les regrets ou les remords d'être un ignorant, un aveugle et un sourd. Je me sentis mal, profondément mal.
Lucien ne fit pas attention à mon malaise et après s'être rempli la main d'olives fourrées aux amandes, reprit son récit.

"Ses lèvres allaient déposer le plus doux des baisers lorsque les pleurs d'une femme vint attirer leur attention. Ils détournèrent simultanément la tête vers une petite fenêtre de cuisine où ils pouvaient voir la mince silhouette d'une femme assise à la table, une lettre à la main, qui, la voix chancelante, disait à son fils « C’est… ton père… ». Les phrases, même les plus anodines, lorsqu'elles sont dites avec sentiment, rendent nos esprits ouverts aux émotions. Nos deux héros s'étaient sentis touchés par une profonde tristesse, une amère mélancolie qui noie et fait oublier en un instant, le plus merveilleux des évènements. Seules nos vies nous appartiennent, les histoires des autres croisent parfois les notre. Alvin, pour sa dernière journée, eut envie de forcer le destin. Il s'avança vers la fenêtre pour en savoir plus..."

3 commentaires:

ced a dit…

J'aime. Sous vos yeux, le premier cross-over interblogs !

Vinnie a dit…

Je ne comprendrais cette subtilité qu'après avoir lu le blog de ce cher Luc Damon®, me semble-t-il...

Anonyme a dit…

c'est pas toujours facile à suivre car mes neurones sont parfois fatigués mais c'est captivant.
où vas-tu pécher tout cela.